01/09/2013

Pourquoi le chien gratte-t-il le sol après avoir déféqué ?

Pourquoi le chien gratte-t-il le sol après avoir déféqué ?

 

Ceux qui possèdent un chien n’ont pas manqué de remarquer la manière dont l’animal (surtout si c’est un mâle) gratte vigoureusement le sol après s’être livré à la défécation.  Il s’écarte légèrement du lieu où il a laissé ses matières fécales, puis, avec des mouvements énergiques vers l’arrière de ses pattes antérieures et surtout postérieures, il gratte le sol à plusieurs reprises avant de s’éloigner ;  Quelquefois, il effectue cette opération après la miction, mais c’est moins fréquent.

L’explication, à l’origine, consiste à considérer cet acte comme un vestige de l’époque où les ancêtres sauvages du chien recouvraient leurs matières fécales, tout comme les chats.  On croyait que la domestication avait réduit l’efficacité de l’acte, qui ne serait plus aujourd’hui qu’un vestige inutile d’un procédé qui avait jadis des raisons d’être hygiéniques.  Or, nous sommes très loin de la vérité.  En effet, une observation récente des loups dans leurs conditions naturelles a permis de constater qu’ils ont, eux aussi, le même type de pratique.  Cette façon de gratter le sol n’est pas lié à une « décadence » due à la domestication.

Autre hypothèse : les chiens essaient d’éparpiller leurs excréments, pour élargir le secteur sur lequel ils ont apposé leur odeur personnelle.  Certaines espèces d’animaux procèdent, en effet, à la dispersion de leurs déjections, comme l’hippopotame, par exemple, qui est pourvu d’une queue spécialement aplatie qui s’agite d’avant en arrière tel un éventail pour disperser aussi loin que possibles ses excréments et leur odeur.  Cependant, bien que les chiens grattent le sol tout près de leurs matières fécales, ils semblent toujours prendre soin à  ne pas les toucher.

Cela nous laisse face à deux explications possibles.  Tout d’abord, on a remarqué que, lorsqu’ils sont en pleine nature, les loups qui grattent la terre modifient l’aspect du sol et de la couche superficielle sur plusieurs mètres carrés.  Ce procédé laisse une marque visible très évidente en plus du signal à l’odeur que constituent les matières fécales.  Les chiens qui grattent le trottoir  ou toute autre surface en zone urbaine dure, ne peuvent laisser qu’une trace visuelle infime en grattant avec leurs pattes, mais ce n’est pas de leur faute.  Dans un cadre plus conforme à la nature, ce geste vigoureux se serait traduit par une marque beaucoup plus impressionnante.

Deuxièmement, nous avons souligné au passage que les seules glandes sudoripares efficaces chez le chien se trouvent en dessous des orteils.  Il se peut que l’animal cherche simplement à ajouter une autre odeur personnelle, à celle, déjà présente, de ses excréments.  Cette idée peut nous sembler peu convaincante, car, si l’odorat humain détecte sans mal l’odeur des matières fécales canines, l’odeur de transpiration d’une patte de chien nous échappe totalement.  Pourtant, dans le monde peuplé d’odeurs de chiens, il est fort possible que cette forme supplémentaire de marquage à l’odeur ait ses propres messages à transmettre.

 

Source : Desmond Morris, le chien révélé.

 

 

 

Pourquoi dit-on qu'un chien "hurle à la mort"?

Pourquoi dit-on qu’un chien « hurle à la mort » ?

Depuis les temps les plus reculés, il existe une superstition : quand un chien pousse des cris inusités, il annonce une mort imminente ou une catastrophe.  Autrement dit, il « hurle à la mort ».   Le chien était censé posséder des pouvoirs surnaturels lui permettant de prédire l’avenir, surtout lorsqu’un malheur se préparait.  En dépit de ce don, le chien ne s’est jamais vu reprocher les évènements qui s’ensuivaient, pas plus qu’on ne l’a jamais considérer comme une créature néfaste à cause de son rapport avec la mort.  Au contraire, on le tenait pour «  le meilleur ami de l’homme », qui essayait de toutes ses forces de prévenir ses maitres contre un danger qui le menaçait.

 

Repoussant l’explication qui fait intervenir le surnaturel, un spécialiste a exposé une théorie nouvelle : les chiens en question avaient la rage. Quand un chien est atteint de cette maladie, il hurle, gémit, émet des sons curieux qui ne peuvent passer inaperçus.  Si le chien contaminait son maitre, qui en mourait, on avait tôt fait de raconter alentour que le maitre avait rendu l’âme peu de temps après que son chien eut fait entendre des bruits inhabituels.  A une époque où on était loin d’avoir compris les principes de la transmission des infections, on voit sans peine comment on a pu prendre pour un présage le lien entre les pleurs du chien et la mort de l’homme.

 

 

Source : Le chien révélé de Desmond Morris

25/08/2013

POURQUOI LES CHIOTS MALTRAITENT-ILS VOS PANTOUFLES ?

Pourquoi les chiots maltraitent-ils vos pantoufles ?

 

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Nombre de maitres découvrent, à leur grande déconvenue, que les chiots, en grandissant, traversent une phase où ils se montrent particulièrement destructeurs.  Leurs victimes de prédilection sont les pantoufles et les gants, mais les jouets d’enfants, les journaux, revues et même le courrier passé le matin sous la porte peuvent être pris à partie.  Hormis ronger et mordiller ces objets, les chiots peuvent les secouer avec force, comme s’ils essayaient de les tuer.  Les papiers peuvent être mis en morceaux, comme s’il s’agissait d’oiseaux morts qu’il fallait débarrasser de leurs plumes gênantes.  Certains maîtres, exaspérés, ont même pu constater, que lorsque le courrier subit des assauts, ce sont toujours les lettres intéressantes qui sont malmenées, alors que les factures sont laissées intactes.

Plusieurs traits mentionnés ci-dessous sont significatifs du comportement des chiots.  Premièrement, il y a le jeu simple.  En grandissant, les jeunes sont programmés pour explorer tout ce qui se trouve dans leur environnement.  Les chiens sont, à l’état sauvage, des opportunistes, et, s’ils veulent survivre, ils doivent acquérir une bonne connaissance des propriétés de chaque objet faisant partie de leur univers.  L’animal domestique a beau avoir une existence moins hasardeuse, il n’a pas perdu grand-chose du comportement ancestral.

Deuxièmement, il y a le problème de la poussée de dents.  La denture adulte apparait à l’âge de 4 à 6 mois.  A ce  moment-là, le besoin de mordiller des objets résistants, pour aider les nouvelles dents à percer, se fait de plus en plus pressant.  Les aliments pour chien que l’on trouve dans le commerce, trop mous, ne sont d’aucun secours dans ce domaine.  Aussi, à moins de recevoir une bonne nourriture solide qu’il puisse mâcher, le chien cherchera d’autres objets, moins recommandés, pour se soulager.

En troisième lieu, il y a la période « préalable à la chasse » dans la vie d’un chiot qui se développe, devient assez grand pour s’intéresser à des proies, mais n’est pas encore assez habile pour les attraper.  A la même époque, quand une bonne nourriture pour la croissance est si importante, les adultes (en milieu sauvage) rapportent au gîte des gros quartiers de viande pour les jeunes.  Aussi au stade du « jeune chien » se caractérise comme une période où les grands chiens (= les humains) laissent trainer des choses par terre pour que les petits chiens les mangent.  Il est donc naturel, et nullement malintentionné, de la part du jeune chien de considérer qu’une pantoufle posée sur le tapis ou un paquet déposé devant la porte sont des cadeaux de la part des aînés du groupe.  Pour un chiot plein de vie qui fait de son mieux pour se mettre à la portée d’un « clan » humain, se faire tancer pour avoir mordillé ces objets doit être déconcertant, et décevant.

 

 

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Source : Le chien révélé de Desmond Morris

03/08/2013

Pourquoi les chiens halètent-ils autant ?

Pourquoi les chiens halètent-ils autant ?

 

Tout le monde halète après avoir couru pour attraper le bus, mais personne ne halète autant qu’un chien ;  Le chien peut commencer à haleter sans même avoir bougé son corps.  S’il sent qu’il a trop chaud, il ouvre grande la gueule, laisse pendre la langue, et se met à haleter à un rythme rapide et pesant qui nous est familier.  En agissant ainsi, il humidifie sans cesse son énorme langue afin d’augmenter le processus d’évaporation qui est la clé du mécanisme de climatisation.  Le chien qui a trop chaud va boire plus que de coutume pour maintenir la quantité de liquide nécessaire à la surface de sa langue.  Sans cette faculté, bien des chiens seraient mort d’un infarctus.

 

Pourquoi les chiens ont-ils besoin, pour règle rla température de leur corps, d’un mécanisme de halètement aussi puissant ?  L’anatomie de leur peau nous apporte la réponse.

Contrairement à nous, ils ne sont équipés de glandes sudoripares efficaces que sous les pattes.  Nous parvenons à perdre de la chaleur rapidement grâce  à la transpiration qui se produit sur toute la surface de notre corps.  Les chiens ne le peuvent pas.

 

Chose curieuse, chacun de nos trois compagnons les plus proches appartenant au règne animal (le cheval, le chat et le chien) a mis au point une méthode différente pour résister à la chaleur..  Les chevaux transpirent abondamment comme nous. Les chats, quand ils ont trop chaud, se lèchent vigoureusement le poil, étalant sur leur corps de la salive qui leur sert d’agent rafraîchissant.  Quant aux chiens, ils halètent.

 

Le halètement a sans doute été choisi par les canins en raison de la lourde pelisse portée par leurs lointains ancêtres.  A l’époque où le chien primitif était en pleine évolution, il était apparemment plus important d’avoir chaud dans le froid que de se rafraîchir par temps chaud.  Avec un épais manteau de fourrure, les glandes sudoripares de la peau ne pouvaient pas faire grand-chose en matière de thermorégulation.  Aussi perdirent-elles leur importance.  Aujourd’hui, beaucoup de races ayant un pelage plus mince, la transpiration pourrait à nouveau venir au secours de leur propriétaire par les après-midi de canicule, mais la ré-évolution nécessaire qui rendrait efficaces les glandes sudoripares n’a pas accompagné les modifications génétiques du type de robe.

 

Les races à peau nue, comme le chien du Mexique, pour lequel la transpiration pourrait facilement redevenir fonctionnelle, ont  une peau sèche, même par temps chaud.  On a prétendu que la température corporelle de ces drôles de chiens atteignait 40°, alors que chez le simple canin, elle ne dépasse pas normalement 38-39°.Des expériences récentes n’ont pu confirmer ces affirmations.

 

Cette race, dit-on, a été mise au point par les anciens mexicains pour leur servir de bouillote vivante pendant les longues nuits froides.  En l’absence de transpiration par voie cutanée chez le chien, ajouté au fait que la température normale de cet animal est plus élevée que chez les humains, ce rôle, il est vrai, lui convenait parfaitement.

 

 

 

Source : Desmond Morris, le chien révélé.

25/05/2013

Pourquoi y a-t-il des chiens qui courent après leur queue ?

Pourquoi y a-t-il des chiens qui courent après leur queue ?

 

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On peut voir, de temps à autre un chien tourner en rond à toute vitesse, pour attraper sa queue. Il claque les dentes en direction de celle-ci, qui lui échappe, puis tourne dans une ronde folle, tant et si bien qu’il finit par être désorienté et avoir le vertige.  Pour l’observateur humain, ce qui a commencé comme un moment de folie divertissante pour le chien et paraissait n’être qu’un simple amusement devient finalement quelque chose d’embarrassant.  On a l’impression d’assister à un stéréotype qui est devenu une anormalité du comportement plutôt qu’un jeu.

 

Les chiens sont des êtres sociaux, dotés d’une grande curiosité exploratoire.  S’ils sont privés de compagnie, tant humaine que canine, ou s’ils sont enfermés dans un environnement restreint ou monotone, ils souffrent.  La pire des punitions mentales pour un chien est d’être enfermé dans un espace confiné où rien ne change. Ce genre de mésaventure arrive rarement au chien domestique, à moins qu’il n’ait eu le malheur de tomber entre des mains particulièrement cruelles.  Mais les chiens sauvages, dans les zoos, ont souvent été mis dans des cages petites, étroites, vides, condamnés à l’isolement à vie.  L’observation de ces animaux montre qu’ils finissent souvent par avoir des « tics » et des actes stéréotypés, comme se mordre la patte, se mordiller la queue, tordre le cou, marcher de long en large et d’autres schémas de comportement répétitifs nuisibles.  Ces tics deviennent parfois si féroces que les chiens finissent par se mordre eux-mêmes et s’infligent de véritables plaies qui restent ouvertes. Ce type d’autopunition peut sembler destructeur, mais il a l’avantage de procurer une stimulation intense dans un monde qui n’est plus pour l’animal que les limbes insupportables de l’ennui.

Courir après sa queue est une forme adoucie de ce type de comportement.  Cette activité se rencontre souvent chez un chiot récemment séparé de ses compagnons de portée.  Transféré dans une nouvelle maison, il se trouve subitement privé de tous les jeux en corps à corps qui caractérisent une joyeuse portée et il cherche de nouvelles formes de stimulation.  Si les maitres ne jouent pas suffisamment avec lui, le chiot aura peut-être du mal à s’inventer de nouveaux « jeux ».  C’est alors que la queue devient le meilleur « compagnon » disponible.  Il n’y a aucun mal à cela, à condition que cette manière de tourner en rond ne devienne pas une névrose obsessionnelle.

Nombreux sont les chiots solitaires qui pratiquent cet acte pendant une période et en perdent l’habitude par la suite.  En revanche, si ce geste persiste chez le chien adulte, il est le signe d’une défaillance dans l’environnement du chien, et d’un grand besoin d’interaction sociale et d’aventure.  Il peut facilement se guérir en améliorant simplement ces deux aspects de la  vie de l’animal.

 

Seule exception à cette règle : si le chien souffre d’une irritation rebelle dans la région de la queue, provenant d’une queue mal amputée.  Mais, dans ce cas-là, d’autres réactions, plus spécifiques, sont censées se produire, comme traîner son arrière-train sur le sol ou se mordiller la région de la queue.

 

 

Source : Le chien révélé de Desmond Morris