25/05/2013

Pourquoi y a-t-il des chiens qui courent après leur queue ?

Pourquoi y a-t-il des chiens qui courent après leur queue ?

 

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On peut voir, de temps à autre un chien tourner en rond à toute vitesse, pour attraper sa queue. Il claque les dentes en direction de celle-ci, qui lui échappe, puis tourne dans une ronde folle, tant et si bien qu’il finit par être désorienté et avoir le vertige.  Pour l’observateur humain, ce qui a commencé comme un moment de folie divertissante pour le chien et paraissait n’être qu’un simple amusement devient finalement quelque chose d’embarrassant.  On a l’impression d’assister à un stéréotype qui est devenu une anormalité du comportement plutôt qu’un jeu.

 

Les chiens sont des êtres sociaux, dotés d’une grande curiosité exploratoire.  S’ils sont privés de compagnie, tant humaine que canine, ou s’ils sont enfermés dans un environnement restreint ou monotone, ils souffrent.  La pire des punitions mentales pour un chien est d’être enfermé dans un espace confiné où rien ne change. Ce genre de mésaventure arrive rarement au chien domestique, à moins qu’il n’ait eu le malheur de tomber entre des mains particulièrement cruelles.  Mais les chiens sauvages, dans les zoos, ont souvent été mis dans des cages petites, étroites, vides, condamnés à l’isolement à vie.  L’observation de ces animaux montre qu’ils finissent souvent par avoir des « tics » et des actes stéréotypés, comme se mordre la patte, se mordiller la queue, tordre le cou, marcher de long en large et d’autres schémas de comportement répétitifs nuisibles.  Ces tics deviennent parfois si féroces que les chiens finissent par se mordre eux-mêmes et s’infligent de véritables plaies qui restent ouvertes. Ce type d’autopunition peut sembler destructeur, mais il a l’avantage de procurer une stimulation intense dans un monde qui n’est plus pour l’animal que les limbes insupportables de l’ennui.

Courir après sa queue est une forme adoucie de ce type de comportement.  Cette activité se rencontre souvent chez un chiot récemment séparé de ses compagnons de portée.  Transféré dans une nouvelle maison, il se trouve subitement privé de tous les jeux en corps à corps qui caractérisent une joyeuse portée et il cherche de nouvelles formes de stimulation.  Si les maitres ne jouent pas suffisamment avec lui, le chiot aura peut-être du mal à s’inventer de nouveaux « jeux ».  C’est alors que la queue devient le meilleur « compagnon » disponible.  Il n’y a aucun mal à cela, à condition que cette manière de tourner en rond ne devienne pas une névrose obsessionnelle.

Nombreux sont les chiots solitaires qui pratiquent cet acte pendant une période et en perdent l’habitude par la suite.  En revanche, si ce geste persiste chez le chien adulte, il est le signe d’une défaillance dans l’environnement du chien, et d’un grand besoin d’interaction sociale et d’aventure.  Il peut facilement se guérir en améliorant simplement ces deux aspects de la  vie de l’animal.

 

Seule exception à cette règle : si le chien souffre d’une irritation rebelle dans la région de la queue, provenant d’une queue mal amputée.  Mais, dans ce cas-là, d’autres réactions, plus spécifiques, sont censées se produire, comme traîner son arrière-train sur le sol ou se mordiller la région de la queue.

 

 

Source : Le chien révélé de Desmond Morris

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